Pourquoi tu “manques d’air” alors que tu as assez d’oxygène : le rôle du CO₂
Cette sensation est ultra fréquente :
tu as l’impression de manquer d’air, tu “aspire” plus… et ça ne va pas mieux.
C’est contre-intuitif, mais essentiel :
ton souffle est très souvent piloté par le CO₂ (et ta tolérance), pas uniquement par l’O₂.
Le mythe : “je manque d’air = je manque d’oxygène”
Dans la plupart des efforts d’endurance (et même sur beaucoup d’intensités), tu n’es pas “en manque d’oxygène” au sens où tu crois.
Ce que tu ressens, c’est souvent :
- une hausse du CO₂
- une hausse du stress
- une perte de contrôle (respiration haute / rapide / irrégulière)
Ton cerveau interprète ça comme “danger”.
Et il te pousse à respirer plus.
Le CO₂ : à quoi ça sert (vraiment)
Le CO₂ n’est pas juste un déchet. C’est :
- un signal majeur qui influence l’envie de respirer
- un acteur indirect qui aide à la délivrance de l’oxygène aux tissus (effet Bohr)
En clair :
tu veux de l’oxygène disponible… mais tu veux aussi un système respiratoire qui reste stable quand le CO₂ monte.
Pourquoi surventiler peut empirer la sensation
Quand tu surventiles :
- tu respires trop vite
- trop haut
- avec trop de tension
- et tu perds le rythme
Même si tu fais entrer plus d’air, tu crées du chaos.
Et le chaos = stress = sensation d’étouffement amplifiée.
L’objectif n’est pas de “respirer fort”.
L’objectif est de respirer propre.
La compétence clé : tolérance + contrôle
Quand l’intensité augmente, le CO₂ augmente. C’est normal.
Un bon athlète n’est pas celui qui “évite” ça.
C’est celui qui reste :
- relâché
- régulier
- lucide
Tu développes ça avec des expositions simples, répétées, progressives.
3 actions concrètes (safe et efficaces) :
1) Endurance : contrôle respiratoire intégré
Sur tes sorties faciles :
10–20 minutes où tu cherches respiration calme, régulière, plutôt nasale.
2) Récup : rallonger l’expiration
Entre deux séries / deux intervalles :
reviens à un schéma simple : expire un peu plus long que tu n’inspires.
3) Post-séance : “downshift” 5 minutes
Après l’entraînement :
inspire 3–4 s / expire 6–8 s pendant 5 minutes.
Tu accélères la descente et tu facilites la récup.
Les erreurs à éviter
- Forcer la respiration nasale à haute intensité “à tout prix”
- Faire des apnées en mode héro (sans progression)
- Chercher la perf sur la respiration au lieu de chercher le contrôle
- Confondre inconfort normal et danger réel
Conclusion :
Ce n’est pas “plus d’air” qui te manque.
C’est souvent plus de contrôle.